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Source: Reuters, Carlos Barria

Source: Reuters, Carlos Barria

Depuis l’automne 2011, la crise économique se fait également sentir dans le monde feutré des vins fins. L’hallucinante croissance des ventes de grands crus en Asie, que certains imaginaient sans fin ni limite, montre de premiers signes de ralentissement. Du moins, ce début d’année 2012 souligne clairement l’évolution des critères de la clientèle asiatique.

Au même titre que la croissance économique chinoise, elle même en baisse marquée (8% attendus contre 11% en 2010 et.. 14% en 2007 – Source: OCDE), les trois premières ventes de vins fins à Hong-Kong ont été globalement décevantes en ce début d’année, affichant un chiffre d’affaires deux fois moindre que l’année précédente. Différents lots de Château Lafite Rothschild ont par exemple, vu leur prix chuter de plus de 40% ces dernières semaines. En confirmation de cette tendance, l’indice Live-Ex Fine Wine 100 de Londres est en baisse significative de -22% depuis juin 2011!

Cette dégringolade brutale des prix s’explique par la crainte d’une récession mondiale, à laquelle s’ajoute l’importance des stocks croissants des négociants et des grossistes. Cependant, cette chute ne touche que sélectivement les vins de prestige. Car si le soufflé entourant les Premiers Crus bordelais implose littéralement depuis 6 mois, l’Asie s’est aujourd’hui pris de passion pour la Bourgogne. Lors de ventes 2012 à Hong-Kong, certains crus de la Romanée Conti, de Georges Roumier, du Domaine Dujac ou de Louis Jadot, partent au double de leurs estimations, déjà fort généreuses! Ainsi, lors des enchères organisées par la maison américaine Acker Merral and Condit fin janvier 2012 à Hong-Kong, une caisse La Tache 1990 du Domaine de la Romanée-Conti a été adjugée pour plus de 4,200€ / bouteille!

Serait-ce bientôt le moment de vendre vos Grands Crus Bourgogne pour racheter du Premier Cru bordelais à prix cassé ?