Pomerol à la fête à Gazin

Jeudi.. dernier jour de cette courte semaine des primeurs, comme déroulée en accéléré. Paysages, rencontres impromptues et découvertes chargées de grands souvenirs gustatifs.

Cette ultime journée sera donc consacrée à la Rive Droite, terre de contrastes, de variétés de terroirs et pépinière de jeunes talents, mordant à pleines dents dans la vigne, avec la volonté inébranlable à faire bouger les lignes de front.
Le café matinal à peine avalé, je me retrouve pour un second tour à la superbe Salle des Dominicains, au coeur même de Saint-Emilion.

L’avant-veille, par manque de temps, j’y avais négligé un certain nombre de crus. L’occasion est rêvée de les évaluer au calme des premières heures. Ambiance quasi monacale en ces lieux plusieurs fois centenaires. Des marchands et négociants de passage, griffonnent quelques références sur leurs petits calepins. J’ai tout le loisir de me rendre compte combien certaines appellations moins huppées au surnom co(s)mique de “satellites”, ont produit des 2009 attractifs et ma foi, fort qualitatifs. Les Châteaux La Rousselle, Moulin Pey-Labrie, Clos du Roy – cuvée « Arthur », Tournefeuille ou encore Vrai Canon Bouché me tapent particulièrement dans l’oeil. Je remonte ensuite la longue rangée de bouteilles estampillées “Saint-Emilion”. Les vins gagnent encore en densité.. Les Châteaux Mangot – Quintessence, tout en opulence maîtrisée et Lafon La Tuilerie, au fruit crémeux et à la trame tendue, fixent haut la barre de référence pour la journée, que seuls quelques cadors de l’appellation parviendront finalement à surpasser!

Grands Crus Classés de St Emilion à Beauséjour-Bécot

En quelques minutes, me voici arrivé au Château Beauséjour-Bécot où l’UGC présente son bouquet de Grands Crus. Troplong-Mondot m’époustoufle par son harmonie et sa finale voluptueuse, sans artifice. Pavie-Macquin, son voisin de table et.. de terroir, ne lui rend pas un mètre en terme de finesse et de pureté de matière. Et Figeac, avec son 2009, tient probablement SA réussite de la décennie: un grand classique, hyper précis avec des tannins particulièrement salivants. Clos-Fourtet, racé et croquant, est lui aussi d’une classe folle.

Après une pause casse-croûte, départ vers Pomerol, appellation dont quelques bruits de couloir disent le plus grand bien. Comme d’habitude, la plupart des “grandes gueules” locales ont préféré tenir salon chez eux et seuls huit (!) crus locaux sont représentés au Château Gazin.

Château Gazin début avril

Bien que quantité ne rime pas forcément avec qualité, cette tendance est éminemment regrettable et certainement dommageable, à moyen terme, pour l’avenir même des semaines primeurs (voir mon coup de gueule). Grand choc gustatif avec Château La Conseillante, au relief profond et d’une grande fraîcheur de fruit. Château Clinet me ravit tout autant, dynamique, puissant et particulièrement expressif. Pour moi, une des très grandes réussites du millésime! Avant de rentrer sur Bordeaux, petits détours aux Châteaux L’Evangile (un 2009 au profil dynamique et très pur) et Bon-Pasteur (croquant et dense).

Le jour commence à tomber alors que je rentre sur Bordeaux-City et les nuages à l’Ouest se teintent de rouge purpurin, comme en ultime hommage au millésime 2009, parfois ombrageux mais aux réussites fulgurantes!

95.. et plus si affinités

  • Clinet
  • Troplong-Mondot
  • Pavie-Macquin
  • Figeac
  • La Conseillante
  • Valandraud
  • L’Evangile
  • Beauséjour-Duffau
  • Clos-Fourtet

92 à 95

  • Larcis-Ducasse
  • Clos Madeleine
  • Canon
  • Bon-Pasteur
  • Gazin

88 à 92

  • La Gaffelière
  • Lafon La Tuilerie
  • Mangot – Quintessence
  • Tour du Pin
  • Grandes Murailles
  • Clos Saint-Martin
  • Clos Dubreuil
  • La Grâce Dieu
  • Fleur Pourret
  • Vrai Canon Bouché
  • Vieux Pourret
  • Bellefont-Belcier..
Signé Boottle-Man